Voici encore un
dossier polémique. Finalement peu aura été
écrit sur les cagots et leur origine reste une énigme.
Réputés blonds aux yeux bleus ou bruns olivâtres,
ils ne sont ni celtes ni germains ni normands ni wisigoths ni sarazins
ni juifs! Ils sont pyrénéens mais pas basques. Alors
??? .
Première
piste:
"Dans
son livre "Avoir été, être cagot"
Georges Laplace affirme que l'origine des cagots se situe entre
6000 et 5000 ans avant notre ère. A cette époque,
les populations se sédentarisent, mais une partie d'entre
elles continue à chasser, à exploiter le bois et son
charbon, à travailler ce matériau. A l'écart
des paysans des clairières, rebelles à la romanisation
et à la christianisation, longtemps fidèles à
la langue vascoïde, aux coutumes ancestrales, à la religions
aquitaine, ces hommes et ces femmes auraient été rejetés
par les différentes civilisations …"
source : http://cgpa64.free.fr/cagots/08/0801.HTM
Deuxième piste:
Parias parmi les parias, les Cagots peuvent être comparés
aux intouchables indiens. Ils furent présents dans toute
l'Europe au moyen âge ; en Bretagne, dans le Bas-Poitou, en
Guyenne, en Gascogne, dans le pays basque, en Navarre et surtout
en Béarn. Les montagnes des Pyrénées, pourtant
terres de refuge, où les ségrégations eurent
peu de prises, terre des Cathares, furent néanmoins le lieu
où le phénomène des Cagots fût le plus
appuyé.
Leur
origine reste mystérieuse, plusieurs thèses sont évoquées,
allant des wisigoths battus par Clovis à Poitiers, aux Sarazins,
juifs, cathares, lépreux… Il est cependant probable qu'ils
soient les descendants d'un peuple vaincu par les armes. Le nom même
de " cagot " est d'origine incertaine, il peut venir de
" cangoth " : les chiens de Ghoth. On retrouve aussi les
termes de Gézitain, Chrestians, Gahets, Capots, Agots…
Race maudite à vie, leur condition était mentionnée
dès la naissance dans l'acte de baptême, célébré
à la nuit tombée, sans carillons. Ils ne portaient pas
de nom mais un prénom suivi du terme Chrestiaa, Cagot, Gézitain.
Une fois morts ils étaient inhumés à l'écart
des " vrais chrétiens ".
Parmi la longue liste des interdits on peut citer : le mariage avec
des non cagots, l'exercice de certains métiers en rapport avec
l'eau, la terre, le feu, les aliments, porter une arme ou un objet
tranchant…À l'origine des ces interdictions on retrouvait
la peur de la lèpre dont les cagots étaient tous censés
êtres infectés.
Malgré ces interdictions draconiennes, ils peuvent occuper
des postes de chirurgiens ou sages-femmes et on leur prête des
vertus de guérisseurs. La plupart sont charpentiers, vanniers,
tisserands, maçons, parfois réputés et appréciés
pour leur travail, d'autant que, généralement, ils ne
reçoivent pas de salaire et sont seulement exonérés
d'impôt. Dans certains endroits ils devaient porter une patte
de canard ou d'oie d'étoffe rouge cousue sur leurs vêtements.
Ils
sont parqués au fond de l'église lors de l'office, ils
ont un bénitier distinct, parfois même ils ont une porte
spéciale, plus petite, les obligeant à se courber pour
entrer. Ils vivent dans des quartiers spéciaux, souvent en
lieu et place d'anciennes léproseries, vont chercher l'eau
à des fontaines spéciales. Malheur à celui qui
oublierait sa condition et ses contraintes : en 1741, un cagot maître
charpentier de Moumour eut les pieds percés au fer rouge pour
avoir voulu cultiver la terre. Malgré cette disgrâce,
ils dépendent directement de l'église et non de la commune
(jurat) ou des vicomtes.
Bien que considérés plus comme des bêtes que comme des hommes, ils
n'en manquaient pas moins d'esprit comme en atteste cette chanson
Encoère
que Cagots siam,
Encore que nous soyons Cagots,
Nou nous en dam !
nous ne nous en faisons pas !
Touts em hilho deu pay Adam !
Nous sommes tous fils du père Adam !
En
tant qu'êtres maléfiques et nuisibles, on les affuble de toutes sortes
de tares ; bien entendu ils dégagent une haleine fétide, ils auraient
même les pieds palmés ou les oreilles dépourvues de lobes, ce fait
sert aujourd'hui à certains illuminés à affirmer qu'il s'agissait
en fait d'extra terrestres! Plus sérieusement aucun signe particulier
ne les distinguait vraiment. Plusieurs témoignages les décrivent blonds
aux yeux bleus, ce qui accrédite la thèse d'origines nordiques. Des
médecins experts nommés par le parlement de Bordeaux avaient d'ailleurs
déclaré que les Cagots étaient tout à fait indemnes de toute atteinte
pathologique
Avec le relâchement de la ségrégation, le sang
des Cagots s'est étendu dans la population et beaucoup de béarnais
en sont les descendants. Sous Louis XIV, l'emploi de termes discriminatoires
à leur égard fut interdit, ce qui n'empêcha pas
leur usage détourné. La dernière inhumation mentionnée
dans le cimetière des Chrestians date de 1692. Par la suite
le terme de Cagot perdura pour désigner bohémien, faux
dévot, hypocrite, jusqu'à Molière qui l'employa
au XVIIe siècle dans " Tartuffe ". Aujourd'hui,
bien qu'appartenant au passé, le souvenir peu glorieux des
Cagots est présent dans le Béarn, et ce n'est que depuis
peu que les Béarnais se penchent sur cet épisode de
leur histoire à travers une exposition permanente au château
des Nestes à Arreau.
733 : Des fugitifs
de l'armée du général arabe Abderrahman vaincus
à Poitiers, sont réduits par les Campons entre le fleuve
Adour et le Prieuré Saint-Paul. Les survivants ont, peut-être,
constitué la première colonie des " Cagots ".
1288 : première mention du terme de Cagot.
1580 : Les Cagots, avec l'accord des Consuls et du Recteur, construisent
eux-mêmes leur propre chapelle dédiée à
Saint Sébastien dans la vallée de campan.
1691 : Violent incendie dans la vallée de Campan. L'église
est détruite et sera remise en état, comme en 1597,
par les Cagots.
1642 : dernier acte de baptême faisiant état du terme
de Cagot.
1692 : dernière inhumation mentionnée dans un cimetière
des Chrestians
2002 : première exposition permanente sur les Cagots au château
des Nestes à Arreau (64)
source
http://www.originepyrenees.com/mag/hist/
Troisième
piste:
Un mystère pyreneen : les cagots
par Jean Blasphème
Ceux qui croient que les Pyrénées sont apprivoisées
depuis fort longtemps se trompent lourdement. Malgré les recherches
et les expéditions tardives du XIXème siècle,
appelées communément par ce flot bourgeois en quête
d'aventures et de frisson "Le mouvement Pyrénéiste",
il faudra attendre le tremblement de terre de 1967 pour qu'enfin le
refuge de celle (Pyrène) qui a donné son nom à
notre monde soit totalement découvert. Les Pyrénées
sont une terre d'effroi aux multiples légendes, avec des dieux
mystérieux et terribles, aux appellations d'origine inconnue.
Elles recèlent surtout des hommes étranges et solitaires,
jaloux de leurs secrets, de leur indépendance et de leur différence.
L'isolement des peuples pyrénéens dans les cellules
de leurs vallées défendues des invasions massives par
les étroits verrous des gorges a permis aux premiers types
humains auxquels ils appartenaient de se maintenir sans changement,
au cours des siècles, dans de nombreux refuges montagnards
où seule l'émigration contemporaine a commencé
à les métisser (Pyrénées Mystérieuses
-Tchou).
De ces hommes découle le sombre mystère tardivement
appelé à partir du XVIème siècle : "Cagot".
Et mystère, il y a bien! qu'on en juge...
1) - Bien qu'exclus de la communauté chrétienne, ils
étaient protégés par l'Eglise.
2) - Ils n'étaient pas soumis aux impôts et taxes.
3) - Ils devaient porter une patte d'oie pour indiquer leur appartenance.
4) - Ils sont présents dans toutes les constructions militaires
et religieuses jusqu'au XVIème siècle.
A l'écart du monde
Pour tenter d'expliquer ces particularités nous allons examiner
à grands traits quelques repères de leur histoire. Beaucoup
d'auteurs ont parlé savamment des cagots en puisant leurs connaissances
dans les divers documents ecclésiastiques, parlementaires (Bordeaux,
Toulouse, Pau...), chroniques et chansons, mais aucun n'est allé
au fond des choses, à savoir, d'où venaient réellement
ces cagots. Ce qui perturbe les chercheurs, c'est cette propre volonté
(dès l'origine) de rester à l'écart du reste
du monde. Ce geste, ou plutôt cette hargne d'être indépendant,
fut interprétée par tous, comme une prétendue
exclusion sociale proférée par le monde non-cagot. Certes,
le terme "Cagot" est devenu un terme péjoratif, et
même insultant, mais c'est seulement au XVIIème siècle
que cela apparut, époque où l'utilité technique
de ces maîtres bâtisseurs n'était plus probante.
Cette volonté de rester libre et d'assurer la pérennité
de leur clan fait partie du bagage culturel des cagots.
Une origine pré-celtique
Ceux ci sont, sans aucun doute, issus des peuplades aurignaciennes
(Civilisation Chasséenne) qui fuirent devant l'invasion celtique
en se retranchant dans les montagnes sauvages des Pyrénées
et ce, de part et d'autre des deux versants. Plus tard, ils furent
en conflit avec les Romains et les Volsques (Tribu gauloise) pour
les mines, les points stratégiques et les marchés. Dans
cette situation, c'est aisément que Sertorius (Consul espagnol
en révolte contre Rome) les rallia à sa cause avec succès
contre Rome. Mais Pompée, après quelques revers, fut
le vainqueur magistral et dans un trait de génie, diplomatique
et économique, usa à leur égard d'une politique
de générosité et de clémence.
Au lieu de détruire ces populations ennemies (ou les mettre
en esclavage), il les réunit autour de Logdunum
Convenarum en divers Pagus. Une collaboration économique et
artistique fut entamée. Par ailleurs, grâce à
cette coopération nous retrouvons de nos jours les traces des
cultes auxquels les romains et les peuples locaux s'adonnaient sur
les murs tant intérieurs qu'extérieurs des chapelles,
églises etc...
Tolérés par l'Eglise
Avec ce partenariat romain, ils exploitèrent davantage leurs
mines et surtout leurs marbreries. Leur technique de construction
trouvera son apothéose dans les cathédrales et châteaux
forts; leur talent de sculpteurs se développera pour atteindre
la perfection qui suscite toujours l'admiration au sein des musées
du sud-ouest. Ainsi une ère de prospérité s'entama
dans la Pax-Romana, tant et si bien que l'empereur Auguste accorda
à cette cité et alentour le droit
romain sans toutefois être soumis à l'impôt. Ce
point historique fut déterminant; il fixa là définitivement
le sort de nos futurs cagots... en effet, cette peuplade non gauloise,
jalouse de son indépendance refusa son ``privilège'
d'être citoyen romain. De là, aucune charge politique
et sociale ne leur furent échues. Nous retrouverons dans les
siècles suivants ce rappel constant dans les chroniques du
sud-ouest.
Ils continuèrent à collaborer avec Rome et à
améliorer leur technique mais ils restaient en dehors du monde
Gallo-Romain. Lorsque le christianisme fit son apparition, rien ne
changea, puisque celui-ci calqua dans ses premières heures
ce droit, qu'il modifia au fur et à mesure de ses besoins,
au fil des siècles; c'est sans trop de difficulté que
nos cagots ont continué à être ce qu'ils étaient
grâce à leurs talents de constructeurs. Non soumis à
l'impôt, protégés par l'Eglise, libres et indépendants,
leur sort était enviable...
Victimes des jalousies
Il est évident que l'autonomie des cagots dut sous-tendre des
jalousies...tant des manants que des bourgeois, que les divers impôts
et taxes accablaient (Il serait quand même curieux de comparer
le poids de la charge fiscale à cette époque et de nos
jours...) On les accusait de façon récurrente d'empoisonner
les puits et les animaux... c'était apparemment la coutume
à cette époque de proférer de telles accusations
.
Tour à tour, on les fit descendre des wisigoths, ou encore
des lépreux et la légende qui voulait qu'ils fussent
des parias n'a pas lieu d'être, sauf pour une propagande post-révolutionnaire
plus soucieuse de justifier ses crimes que de vérité
historique. D'ailleurs, il faut souligner que la disparition des cagots
est bien l'oeuvre de la Révolution, fière de niveler
les différences et les particularismes, dogme qui perdurera
jusqu'à nous au travers des Jules Ferry et autres Chevenement.
En tout cas l'aventure cagote aura duré 18 siècles et
subsiste encore à travers une formidable légende.
Bibliographie:
- Petite histoire de cagots. Michel Marsan /1997
- Histoire des races maudites de la France et de l'Espagne. Francisque
Michel. Ed. Ellcar /1983
- Saint Béat. L'abbé Vignes. Belisane /2000.
- Guide des Pyrénées mystérieuses. Bernard Duhoureau.
Tchou
- Histoire secrète du Pays Basque de M. Lamy /1980
- Les Cagots, une race maudite de L.E Cabarrouy/1994
source : http://les-identitaires.com/imprim_com.php?id=156&idrub=1
Quatrième
piste:
en construction
Les
fils de Quetzacoalt
|